LA SOUFFRANCE AU TRAVAIL A FAIT SON ENTREE DANS LA CAMPAGNE

6 Apr 2017

Les commentateurs et observateurs n'ont retenu des interventions de Philippe Poutou lors du fameux débat télévisé que les mises en cause directes et sans précautions oratoires de François Fillon et Marine le Pen. Les uns ont apprécié et applaudi, d'autres - les moins nombreux heureusement - ont jugé ces interventions inconvenantes. Ah, le buzz... on ne finit par retenir que ce qui choque ou amuse sans se soucier du reste de l'argumentation, surtout si elle n'est pas formulée selon les canons de la bienséance télévisuelle.

 

Et pourtant... au delà de ces fulgurances marquantes, Philippe Poutou a parlé du travail. Du travail et pas simplement de l'emploi. De ce travail qui génère de la souffrance dans toutes les catégories de salariés, y compris les cadres (cf.mon ouvrage : "La Fatigue des Elites"). Jusque là, seuls Benoit Hamon et Emmanuel Macron avaient brièvement évoqué cette question, le dernier nommé insistant sur la nécessité de protéger les victimes d'une transformation économique qu'il juge nécessaire. Là, on est allé plus loin : les dégâts du travail ont été exprimés avec les mots de ceux qui les vivent, dans toute leur brutalité et leur inévitable crudité. C'est une bonne chose qui va au delà de ce débat : la France connait un taux de chômage tel, que l'emploi (c'est ainsi qu'on appelle poliment le chômage) masque le travail et ses conséquences. Dans ces interventions rien n'a été éludé mais hélas, comp-tenu des lois du genre, rien n'a été entendu. Souhaitons que dans les quelques jours restant avant le scrutin, un de ceux qui aspirent à la fonction suprême, c'est à dire à devenir le premier employeur du pays, prenne conscience de l'existence de cette question et finisse - enfin - par en comprendre la gravité.

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